personnalités      passe-temps et voyages

NOUVELLES

Le bonheur est dans les chansons

Par Betty Achard - Article extrait du magazine Madame



Véhicule de nos émotions, la chanson emprunte tous les chemins de nos vies. Elle nous berce, elle nous trouble, elle nous comprend, elle nous déchaîne aussi. Qu'elle nous parle de profonde tristesse ou de bonheurs furtifs, elle entre en nous et parfois s'y installe pour longtemps, longtemps, longtemps...

Cet élan se vit mieux encore quand on le fait partager, et c'est ce en quoi excelle Monique Giroux. Jour après jour, sur les ondes, elle nous fait découvrir ou redécouvrir la chanson et ceux qui la font. Tout comme nous, cette «enchanteresse» constate un retour de la chanson à texte et s'en réjouit fort.



Cette passion renouvelée se manifeste sous différentes formes, dont les «soirées chanson»: on est chez soi ou chez des amis et l'on chante en choeur - et avec coeur.

Nous avons tous une chanson préférée : pour certains, elle remonte à l'enfance ; pour d'autres, le choix a varié avec le temps. Dix personnalités d'horizons différents ont accepté de nous dévoiler leur chanson fétiche. Enfin, Madame s'est hasardé à édifier les dix piliers incontournables d'une discothèque. Nos artistes choisis sont-ils aussi les vôtres?

Monique Giroux, une propagandiste exceptionnelle
Quand passion et métier arrivent à ne faire qu'un, c'est le bonheur assuré. Depuis une vingtaine d'années, essentiellement sur les ondes de Radio-Canada, Monique Giroux est au service de Sa Majesté la Chanson. Et déjà son objectif est largement atteint, pour son plus grand plaisir et surtout pour le nôtre: faire découvrir et aimer la chanson d'expression française d'hier, d'aujourd'hui, de demain.

Enfant unique, Monique n'appartenait pas à une famille de musiciens; mais à la maison, «le poste était allumé de cinq heures du matin jusqu'au soir». C'est ainsi que dès l'âge de six ans, la fillette entendait Je t'aime moi non plus de Gainsbourg et C'est extra de Ferré aussi bien que les succès de Michel Louvain, Pierre Lalonde, Anne René ou les Classels!

Si Monique Giroux aimait déjà la chanson et ses interprètes, ce qui la branchait surtout, c'était l'animation de «spectacles». Louise, l'amie d'enfance, se produisait devant des chaises vides, tandis que Monique prenait tout en main: éclairage, son, régie et évidemment présentation. «C'était un peu comme à l'église, déclare amusée l'ex-servante de messe. Il y avait un acteur principal, des accessoires, en somme toute une mise en scène.» Et de plus on y chantait!

Mais Monique ne visait pas la scène. Non par timidité, on s'en doute bien ! Elle s'en explique: «Quoique très sportive, j'étais plutôt boulotte. Les garçons ne me draguaient pas, je ne constituais pas une menace pour les autres filles. Mais généralement, il n'y avait pas de rôle pour moi, donc je présentais. Et je le faisais sans amertume ni envie.» Voilà comment est née une vocation. Il y eut toutefois un élément déclencheur : un spectacle donné par Louise Forestier en l'église d'Oka. «À partir de ce moment, précise Monique, j'ai su clairement que je voulais fréquenter le milieu de la culture et les artistes en particulier.»

En secondaire V, dans le cadre d'un travail de français, déjà fidèle à la voie qu'elle s'était tracée, Monique Giroux interviewe Fabienne Thibeault. Un climat de sympathie s'établit et, quelques années plus tard, elle devient assistante de la vedette du Starmania d'alors. Belle école d'apprentissage qui lui permet de découvrir qu'elle a vraiment ce qu'il faut pour évoluer dans le milieu qu'elle a choisi: «Une nature, un amour du monde, une propension à l'écoute.» Puis elle ajoute : «La chanson n'est finalement que le vecteur par lequel je me rends jusqu'aux gens. Un prétexte, en quelque sorte.» Quel magnifique prétexte que celui qui consiste à faire vibrer de tant de monde ! Indubitablement, Monique Giroux connaît bien la chanson et, comme elle le déclare en riant: «Quoi de plus normal quand on passe 12 heures par jour sur le même sujet!»

On n'arrive quand même pas à une telle décontraction au micro sans avoir énormément bûché. Notre docteure ès chansons semble être du genre «quand on veut, on peut», et elle a beaucoup voulu. En témoignent ses débuts à Radio-Canada, alors que nombre de ceux qui la saluent bien bas aujourd'hui la sous-estimaient carrément. Elle n'a pas oublié.

Les rendez-vous quotidiens qu'elle nous donne sont de purs moments d'intimité, de bonheurs partagés. Cette communion, on la ressent à travers Les Refrains d'abord, tout comme on la ressentait dans Y a des refrains dans l'air. Et que dire des regrettés Cabarets des refrains, ces spectacles sans prétention au cours desquels de simples amateurs interprétaient des chansons de leur idole avec une émotion qui parfois tirait les larmes...

La communicatrice a beau dire que c'est la communication d'abord et la chanson ensuite, elle réussit à faire un tel amalgame des deux qu'elle nous atteint à coup sûr. Sa définition même de la chanson, «un scénario de trois minutes», fait qu'on voudrait ne jamais voir arriver la fin du film.

Ni la fin de la conversation avec ce chevalier de l'Ordre des arts et des lettres de la République française!

Heureusement, Monique Giroux veut bien enchaîner sur Les Refrains. Qui d'autre qu'elle aurait osé faire entendre au cours d'une même émission Josephine Baker et M (Mathieu Chédid)? Très respectueuse des grands d'ici ou d'ailleurs, l'animatrice est cependant tout entière dans le présent. Ce printemps, elle a présenté son émission quotidienne en direct de Paris durant une semaine. Parmi ses invités, Vigneault, Charlebois, Plamondon (Starmania a 25 ans), Daniel Lavoie, Chloé Sainte-Marie et aussi Lhasa, Stefie Shock, Arianne Moffatt... « Je l'attendais depuis longtemps, cette flopée de jeunes, s'exclame-t-elle. On ne pouvait pas éternellement faire tourner Yves Montand! On a aujourd'hui des chansons intelligentes, structurées, qui parlent de maintenant. Les interprètes, souvent auteurs et compositeurs, ont la jeune trentaine, et ce sont eux que je porte, que je pousse, que j'aime comme une grande soeur.»

L'animatrice ne donne donc pas dans la nostalgie. Sa bataille au quotidien est simple: faire plaisir à son auditoire en lui présentant ce qu'il aime et, mine de rien, le tenir au courant de ce que font des Thomas Fersen, Carla Bruni, Bénabar, Vincent Delerm, mais aussi Corneille, Dumas, Bïa, et attention à Pierre Lapointe.

Gainsbourg disait de la chanson que c'était un art mineur, et Claude Nougaro (le préféré de Monique parmi les grands) ajoutait « oui, mais mineur de fond ». C'est là qu'elle se trouve, madame Giroux, micro en main, dont elle se sert au besoin comme d'un pic pour creuser et creuser encore le filon jusqu'à ce que monte à l'air libre le trésor de la Chanson.

Monique Giroux a donc animé plusieurs émissions musicales à travers les années: Les refrains d'abord, Le cabaret des refrains et Fréquence libre. Elle est maintenant à la barre de Éclectique, du lundi au vendredi de 16h à 17h30 sur Espace Musique. Un rendez-vous!


1. Les chemins de la chanson dans nos vies
2. Les soirées chanson et les coups de coup de 10 artistes
3. La discographie idéale
Articles

Découvrir la peinture sur bois

Le livre qui a changé ma vie
autres
 autres articles
À lire aussi
Découvrir la peinture sur bois
Le livre qui a changé ma vie
Suggestions de lecture de vos vedettes
Nouveau dans Loisirs - culture
On s'évade dans les Keys
Les longues randonnées hivernales
Voyage à Cuba: Pinar del Rìo
Nouveau dans le site
Précieuses légumineuses
Le télétravail : une option à envisager
S'offrir une métamorphose, pourquoi pas?
Commentez ce blogue
Nos concours



Mois prochain

Tous droits réservés : © 2010 Médias Transcontinental inc.
Un site Transcontinental 3W
Mise à jour des contenus : MagazineMadame.ca
Optimisé pour Internet Explorer 5, 800x600