|
|
|
NOUVELLES
|
 |
|
|
|
|
|
Josephine Baker, star du music-hall et danseuse de cabaret
|
 |
|
Par Simone Piuze
|
|
|
|
 |
|
|
 |
|
 |
|
 |
|
© Photo tirée du livre La véritable Joséphine Baker, Édition Pygmalion.
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
Elle a été la première star noire du music-hall et la danseuse de cabaret la plus célèbre du XXe siècle. Remplie de contradictions, d'un comportement outrancier, Josephine Baker n'était pas un ange. Plutôt une terrible diablesse. Mais cette mère adoptive de 12 enfants d'origines différentes a livré toute sa vie une farouche bataille contre le racisme et la discrimination. Elle a dansé et chanté jusqu'à sa mort, à 68 ans, en 1975.
Son entrée dans la vie n'a pas été facile. On dirait un conte à la Dickens... Josephine Freda Carson est née, non désirée, le 3 juin 1906 aux États-Unis, dans l'un des endroits les plus sordides du ghetto noir de Saint-Louis, au Missouri: Gratiot Street. C'est là qu'habite sa mère, Carrie MacDonald, petite amie d'Eddy Carson. À cette époque, il est interdit aux Noirs d'habiter les mêmes quartiers que les Blancs, de manger dans les même restaurants qu'eux ou d'utiliser les moyens de transport en commun. Carrie travaille comme femme de ménage chez les Blancs.
Quinze mois après la naissance de Josephine, elle accouche d'un deuxième enfant, Richard. Mais comme Eddy refuse de l'épouser, Carrie le quitte pour convoler avec un certain Arthur Martin, gaillard bien planté... mais paresseux. La petite Josephine, confiée à sa grand-mère qui est aussi violente que névrosée, devient une enfant des rues. Elle n'a pas de chaussures. Un jour, un clou rouillé s'enfonce dans son pied. Son séjour d'un mois à l'hôpital de Saint-Louis restera pour elle l'un de ses plus beaux souvenirs d'enfance. À sa sortie, elle retourne chez sa mère, qui vient d'avoir une deuxième fille, Margareth. Joséphine s'amuse avec son frère à confectionner des frondes pour tuer les rats qui foisonnent près de l'unique matelas familial, infesté de punaises. Elle vole des fruits et du charbon pour aider sa famille. C'est le struggle for life. Carrie met au monde une troisième fille, Willie May. Arthur tombe malade et Carrie se met à boire. Lorsqu'il sort du lit, Arthur bat sa femme devant les enfants muets d'épouvante.
Josephine réalise très vite qu'elle a une tare importante : elle est noire. «Lorsque je franchissais les limites du ghetto, racontera-t-elle plus tard, j'apprenais, dans la douleur, que j'étais différente des autres...» Un jour, lors d'une émeute raciale, la fillette voit un vieillard se faire frapper à mort à coups de barre de fer par un Blanc. «Quand on a vu ça, dira Joséphine, soit on reste terrorisé à vie, soit on n'a plus jamais peur de rien. Et je n'ai plus eu peur !»
La petite a 7 ans lorsque sa mère la met en pension chez une riche dame blanche qui, en plus de la battre, l'oblige à effectuer les tâches ménagères les plus rebutantes avant d'aller à l'école. Le soir, la petite rejoint à la cave le chien de la maison et dort à ses côtés. Elle lui donne sa tendresse, lui sa chaleur... et quelques-unes de ses puces. Mais Joséphine est fière, énergique et remplie d'humour. Un humour qui la sauvera.
C'est dans la comédie et la danse qu'elle s'évade de sa misérable vie: elle invite les enfants du quartier à venir la voir danser dans la cave des Mason, ses nouveaux employeurs. Comme M. Mason abuse de Josephine, Mme Mason met la petite servante noire à la porte. Josephine revient à la maison où Carrie, sa propre mère, l'amène à se prostituer.
À 13 ans, elle travaille comme serveuse à l'Old Chauffeur Club, et se marie avec Willie Wells. Mais elle s'en sépare quelques mois plus tard à la suite d'une bataille : elle l'a blessé en lui cassant une bouteille sur le crâne. On la voit traîner de plus en plus souvent dans les arrière-salles de cabarets. Elle gagne enfin son premier cachet de danseuse lors d'un concours en dansant le cake-walk.
|
 |
|
|
|
 |
|
|
|
|
|
autres articles |
|
|
|
|
|
|