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Pauline Julien, souverainement libre
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Par Betty Achard - Article extrait du magazine Madame
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Témoignages Jean-Claude LaPierre Jean-Claude dit Caillou LaPierre, natif de Natashquan, fut petit frère de coeur, compagnon de voyage, et confident de Pauline jusqu'à la fin.
« J'ai écrit son nom et je me suis arrêté... Un grand vide, comme celui qu'elle a laissé dans ma vie après son départ. Une telle constatation m'amène à me demander pourquoi... J'aimerais répondre par un simple parce que ou mieux encore par un silence, comme ceux que nous avons partagés à la fin de sa vie. Ce serait trop simple. Je le sais; c'est à cause de tout ce qu'elle m'a apporté, de tout ce qu'elle était : simple, généreuse, fragile et forte à la fois, entière, bref une grande dame, mais surtout mon amie.
Restant dans l'amitié, notre ami commun Julos Beaucarne a écrit ceci dans un texte intitulé C'est le premier jour : « Elle a perdu corps, c'est pour prendre espace.» Curieusement, un jour Pauline m'avait écrit : «J'ai besoin d'espace pour me détacher de mon passé d'artiste.» Elle l'a trouvé. Et moi, je ne trouverai jamais le temps de l'oublier... »
Lise Payette Avant de se trouver engagées sous une même bannière politique, Lise Payette et Pauline Julien étaient des amies de longue date. « Le fait de nous être connues à l'étranger, en France, avait créé des liens particuliers. » Mme Payette se souvient de l'acharnement de l'artiste à vouloir percer dans ce milieu difficile de la chanson, « quitte à être payée en repas ». Elle constate que, ironiquement, leurs ultimes rencontres ont eu lieu à l'occasion de funérailles d'amies communes. Lors de la toute dernière, Pauline Julien était déjà habitée par « son » mal qui, insensiblement, lui enlevait le droit à la parole. Elle a pris la main de son amie et l'a tenue longuement, intensément, en silence. « C'était un isolement terrible », se rappelle avec émotion Lise Payette.
Paul Hébert Il fut le professeur d'art dramatique de Pauline et l'a suivie tout au long de sa carrière. Il en parle de belle façon. « Pauline Julien fut dans le milieu des chanteurs et des poètes une réelle inspiratrice. Personnalité attachante, généreuse, elle se portait avec fougue au soutien ou à la défense d'une cause, au risque de compromettre sa popularité. Son enthousiasme l'emportait toujours. Ce fut une femme forte jusqu'à la fin. Son dernier geste, je veux l'interpréter comme un geste de courage plutôt que de défaite. »
Anne Sylvestre Pauline fut la première à chanter des textes de l'auteure-compositrice-interprète française tant aimée chez nous, et qui se rappelle : « Pauline choisissait toujours les chansons les plus proches de moi. C'est grâce à elle si je suis venue au Québec pour la première fois. » Leur relation professionnelle teintée d'amitié et d'une grande complicité a conduit les deux femmes à monter en 1988 le magnifique Gémeaux croisés. « C'est le plus beau spectacle de ma vie, affirme Anne Sylvestre. Nous nous tenions par la main avant même d'entrer en scène.» (J'ai eu la chance d'assister moi-même à ce récital unique en son genre : deux bêtes de scène se mesuraient tout en se complétant ; c'est un fait, l'émotion y était palpable, je la ressens toujours.) «Pauline, c'était une flamme, quelqu'un d'ardent qui aimait la vie. Aujourd'hui encore, elle est souvent sur scène avec moi.»
~ Vous avez apprécié cet article? Il provient de l'édition de décembre 2005 - janvier 2006 du magazine Madame qui, chaque mois, vous propose des recettes, des menus, des rencontres, des témoignages, des articles en santé et en beauté. Tout cela et bien plus dans votre Madame!
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