Un moyen analgésique Pouvez-vous imaginer votre dentiste en train de faire des blagues pendant que vous subissez un traitement de canal, sans anesthésie et surtout, sans douleur? C'est pourtant ce que font certains dentistes, comme Mario Beaulieu, qui ont intégré l'hypnose à leur pratique professionnelle. Depuis 1985, ce dentiste soigne les trois quarts de ses patients de cette façon. «Ces derniers sont éduqués dans le sens qu'ils peuvent soit focusser sur une douleur inutile qui va leur faire extrêmement mal, soit sur une douleur utile qui ne leur fera presque pas mal, explique Mario Beaulieu.
Certes, en choisissant ce dernier type de douleur, ils sentent les manipulations dans leur bouche, mais grâce à leur conditionnement mental, ils se rendent la douleur tolérable.» La plupart du temps, le dentiste utilise l'hypnose simplement en détournant l'attention de ses patients de la douleur. Il les fait rire ou les amène à se plonger dans leur loisir préféré ou leurs souvenirs de vacances. Lorsque les patients se sentent moins en confiance face à l'exercice, Mario Beaulieu énonce des suggestions non directives. Bien entendu, en tout temps, il peut procéder à une anesthésie en cours de route, si le patient la demande.
Pour un accouchement? Pour mieux apprivoiser la douleur d'un accouchement, on peut se préparer à l'avance dans des séances d'hypnose auprès de spécialistes dans le domaine. Pendant ces rencontres prénatales, les futures mamans sont amenées à se déprogrammer de l'idée qu'accoucher signifie obligatoirement une douleur atroce. Par des exercices de respiration, de relaxation et de visualisation, les mamans se plongent alors dans un état de bien-être et elles apprennent à se centrer sur leur bébé. «Par exemple, lors des dernières semaines de leur grossesse, elles peuvent visualiser que leur utérus s'ouvre comme une fleur pour laisser passer leur enfant», explique Gisèle Laîné Ammara, psychologue, ayant entre autres recours à l'hypnose. Entre les séances, les femmes sont appelées à s'auto-hypnotiser régulièrement, à l'aide d'enregistrements sonores. Elles développent ainsi des pensées positives quant à l'accouchement. Une fois admises en salle de naissance, guidées au besoin par les suggestions de leur conjoint ou par des enregistrements sonores, elles ont généralement la capacité de se relaxer par elles-mêmes et de se concentrer dans une visualisation. Elles ne focussent pas leur attention sur la douleur. Certaines femmes arrivent ainsi à donner naissance à leur enfant, sans avoir demandé l'injection épidurale.
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