Vous voulez avoir une petite idée de ce que vivent les femmes qui ont une trop forte poitrine? Attachez un poids d'une livre à chaque extrémité d'une corde, passez cette corde autour de votre nuque et promenez-vous avec cet attirail pendant toute une journée.
France Gaignard, 29 ans, portait du double-D plus. Le fait d'avoir une poitrine volumineuse lui causait d'énormes problèmes. «J'étais mal à l'aise d'avoir de si gros seins, confie-t-elle. J'avais tendance à voûter les épaules et le dos. Mon estime de moi-même en souffrait. J'avais aussi très mal au milieu du dos, entre et sous les omoplates, ce qui n'aidait en rien ma posture. J'avais des douleurs aux épaules, des nausées et des maux de tête, confit-elle. Je ne pouvais pas dormir sur le ventre car cela m'écrasait la poitrine. Je dormais sur le côté, mais c'était très inconfortable.
Sur le dos, c'était à peine mieux. Le jour, je devais porter un corset. Il fallait au moins cinq attaches dans le dos pour que le tout tienne en place.» À 27 ans, France en a eu assez et a décidé de se faire opérer.
«Les femmes qui ont de fortes poitrines doivent souvent porter, et cela dès la puberté, des soutiens-gorge très serrés, avec un support maximal, explique François Auger, secrétaire à l'Association des chiropraticiens du Québec. L'attache du soutien-gorge passe à la hauteur de la septième et de la huitième vertèbre thoracique, ce qui crée de fortes tensions et des blocages articulaires. Après quelques années, la dorsalgie (la douleur dorsale) devient chronique.» Le fait de mal se tenir amplifie les maux de dos. «Les adolescentes qui ont une forte poitrine ont souvent tendance à voûter les épaules afin de faire oublier leur poitrine trop volumineuse, observe François Auger. Or, à la longue, cette mauvaise posture peut bloquer des vertèbres et entraîner l'atrophie de certains muscles.»
Opérer ou ne pas opérer Dans certains cas - quand les douleurs sont liées à une mauvaise posture ou à une fatigue musculaire, par exemple - quelques séances chez un chiropraticien, un physiothérapeute ou un psychologue peuvent suffire. Mais quand la poitrine est vraiment trop volumineuse, il faut envisager une réduction mammaire.
Chaque cas est unique. Il revient au chirurgien de poser le diagnostic. «Quelles sont les motivations de la patiente? S'agit-il d'un problème physique, psychologique? «Le chirurgien doit d'abord vérifier si la demande de la patiente est justifiée, explique Louise Duranceau, ex-présidente de l'Association des spécialistes en chirurgie plastique et esthétique du Québec. Quand la demande est fondée, il faut prendre le temps de bien expliquer à la patiente les enjeux et les risques d'une telle intervention.»
La réduction mammaire est une intervention relativement simple. On retire une partie de la glande mammaire, de la graisse et de la peau. Pour déterminer quelle quantité de tissu enlever, le spécialiste tiendra compte de différents facteurs, dont la taille et le poids de la personne.
La convalescence dure entre une semaine et un mois. Mais les bienfaits de l'opération elle-même se font sentir rapidement. La patiente a tout de suite l'impression d'être plus légère, d'avoir un poids de moins sur les épaules.
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