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Quand la tête parle au corps
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Par Danielle Fecteau, psychologue
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Sans être du genre «nouvel âge», vous pensez parfois pouvoir commander à votre corps? Vous ne vous trompez pas. Même la science vous le dira.
Observer et comprendre le lien entre le corps et l'esprit, c'est ce que fait la psychophysiologie depuis une trentaine d'années. Mais retournons quelques décennies plus tôt, pour assister aux premières constations du pouvoir que la tête, avec ses croyances, peut exercer sur l'organisme.
Les «bonnes» et les «mauvaises» pensées Au milieu du XXe siècle, Walter Cannon, un pionnier de la psychophysiologie, observe un homme qui vient d'être admis à l'hôpital après qu'un inconnu eut pointé un os dans sa direction. Eh! oui, un os. C'est que, dans certaines peuplades, on croit alors que si quelqu'un pointe un os dans notre direction, il vient de nous «voler» notre âme. Les médecins ont beau tenter de rassurer le pauvre homme, rien n'y fait. Il insiste pour demeurer à l'hôpital et, 72 heures plus tard, il meurt! L'autopsie révélera qu'il est littéralement mort de peur.
Autre scène qui, cette fois, se passe de nos jours, aux urgences d'un grand hôpital. Un homme se présente souffrant d'atroces douleurs à l'estomac. Le médecin qui l'examine croit à un malaise cardiaque et prescrit certains examens. Le patient, affolé, est dans tous ses états. Il meurt quelques heures plus tard, victime d'un infarctus. D'après l'autopsie, son coeur était en parfait état et c'est sans doute la présence d'ulcères qui était à l'origine de ses douleurs.
Les scientifiques savent aujourd'hui que les pensées et les croyances négatives ont des conséquences presque instantanées sur notre corps. Par exemple, les médecins de la NASA constatent régulièrement que, lorsque les astronautes vivent un stress important, leur système immunitaire s'affaiblit. Les chercheurs ont également enregistré des changements physiologiques chez les individus à qui on annonce une mauvaise nouvelle. Ainsi, les analyses sanguines de personnes qui viennent d'apprendre qu'elles sont porteuses du VIH montrent que leur résistance immunitaire est déjà moindre qu'avant l'annonce du diagnostic. Entendre le mot cancer ou sida et imaginer le pire, voilà qui peut avoir un effet néfaste immédiat sur le corps.
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