Jusqu'à ce jour, en additionnant votre revenu à celui de votre conjoint, vous arriviez à vous assurer un certain confort matériel, tout en préservant votre indépendance financière. Maintenant que vous attendez un enfant, votre vision des choses se transforme. Vous évaluez maintenant que rien au monde, pas même l'emploi le mieux rémunéré ou la profession la plus gratifiante ne pourrait rivaliser avec la présence quotidienne d'un parent à la maison. Pour le bonheur et le développement optimal de votre enfant, c'est votre priorité.
Ce mode de vie, auparavant traditionnel dans la société québécoise, reprend actuellement de la vigueur, bien qu'encore marginalisé. Et comme le contexte social s'est considérablement transformé, il est important d'y réfléchir avant de prendre une décision.
Papa ou maman? S'il existe de nos jours, ici et là, quelques papas disposés à rester auprès de leurs rejetons, les femmes assument encore majoritairement le rôle du parent au foyer. Culturellement, elles mettent tout simplement en pratique l'éducation reçue depuis des générations. D'autre part, la grossesse, l'accouchement et, dans plusieurs cas, l'allaitement, créent forcément un lien plus étroit avec l'enfant. De plus, son revenu risquant d'être bien inférieur à celui de son conjoint, lorsque le couple évalue l'ensemble des intérêts de tous dans la famille, la mère se trouve encore presque toujours «naturellement désignée» pour remplir ce rôle.
Se marier ou non? Selon Micheline Dubé, médiatrice et psychologue au Centre professionnel du Plateau Mont-Royal, «même si les couples se marient de moins en moins, le mariage en société d'acquêts s'avère encore la meilleure protection pour la maman qui prévoit rester à la maison. En cas de rupture, elle aura droit à la moitié des acquis nets de son conjoint, tout en conservant ses biens personnels. Ce qu'elle aura investi comme travail au foyer sera reconnu aux yeux de la loi, comme un enrichissement à la famille».
«Celle qui, malgré tout, refuse l'engagement du mariage et qui élève ses enfants à la maison prend un grand risque, poursuit madame Dubé, car on a beau dire: être marié et conjoint de fait, ce n'est pas pareil! Si ça l'était, les hommes n'hésiteraient pas tant à s'engager dans le mariage.» Selon les conseils de la psychologue, «cette femme devrait alors établir avec son conjoint une convention de vie commune, qui consiste à écrire sur papier la liste de leurs ententes en vue de litiges éventuels. Consulter un avocat ou un notaire est fortement recommandé pour en savoir davantage sur le sujet».
Les finances Même si les hommes sont généralement plus au courant que les femmes des questions d'argent, les mamans à la maison auraient tout avantage à prendre leurs affaires en main. Car, selon Micheline Dubé, elles se trouvent nettement désavantagées financièrement. Elles ne reçoivent probablement plus de chèque à leur nom, ne contribuent plus aux REER, ni au fonds de pension... En plus, elles ont tendance à culpabiliser trop facilement lorsqu'il s'agit de l'argent gagné par leur conjoint et elles ont souvent peur d'exiger leur dû.
Pour Laurence Lagouarde, directrice de l'organisme Ano-Sep, cette formule fait de l'homme «le pourvoyeur»: il ne perçoit plus son revenu comme étant le sien, mais comme celui de toute la famille. Pour éviter la discorde, elle suggère même un budget familial qui s'établit comme suit: un compte commun pour les dépenses familiales et un montant alloué à chacun des conjoints dans un compte personnel. Ainsi, chaque membre du couple peut gérer, sans culpabilité, ses propres dépenses.
|