Pour certaines, le temps des Fêtes est un moment de béatitude; pour d'autres, une bombe à retardement. Tensions, agressivité et violence augmentent d'un cran. Coup d'oeil sur ce phénomène pas très réjouissant.
Augmentation de la violence Selon Diane Borgia, fondatrice et directrice générale du Centre de prévention et de traitement de la codépendance et des multiples dépendances, les demandes d'aide pour contrer la violence sont environ 44% plus nombreuses en janvier et en février que durant les autres mois. Pas étonnant: au temps des Fêtes, les émotions sont à fleur de peau et les tensions vont crescendo. D'abord, les homme violents tentent généralement d'exercer un contrôle sur leur conjointe de façon verbale (ton de voix agressif, ordres, cris, commentaires abusifs, paroles blessantes). Ensuite, ils ajoutent la violence psychologique: insultes, chantages, dénigrement, critiques, regards accusateurs, etc. En dernier recours, ils utilisent les poings. Et les femmes violentées laissent passer les festivités - souvent pour ne pas gâcher celles des enfants ou de l'entourage - avant de réclamer de l'aide.
De plus en plus de jeunes Inquiétant: on note de plus en plus de violence chez les jeunes. «Depuis quelques années, il n'est pas rare de voir des jeunes hommes de 18, 19, 20 ans venir chercher de l'aide pour un problème de violence, raconte Diane Borgia. Le phénomène est en expansion.» Parmi les causes possibles: leur difficulté à essuyer un refus et leur consommation d'alcool et de drogues.
Bien sûr, tout le monde ne vit pas une telle escalade de violence. L'agressivité du temps de Noël - la nôtre et celle des autres -s'exprime le plus souvent sous forme d'attaques verbales et de remarques assassines bien ciblées, visant à atteindre l'autre «là où ça fait mal». Mais ce n'est pas parce que les paroles ne laissent pas de bleus sur la peau qu'il n'y a pas de profondes blessures au coeur de celui ou de celle qui les subit, surtout si elles se répètent régulièrement. Il faut y mettre le holà. Mais encore faut-il reconnaître le problème.
D'une explication à l'autre Pas besoin d'une charge de dynamite pour faire exploser la demeure durant les Fêtes. Les éléments perturbateurs se mettent en place d'eux-mêmes dès le début de décembre. D'abord, pour faire suite au sentiment d'urgence et d'accomplissement qui soudain nous habite, on enclenche la course contre la montre. Au programme: les cadeaux à dénicher, les invitations à lancer, les décorations à installer, le menu et le repas du réveillon à concocter, les dossiers à terminer au boulot pour profiter de quelques jours de vacances, le quotidien à gérer et, en prime, l'excitation des enfants. Ouf! Et on n'est même pas rendue au réveillon! Il faut ajouter à cela le stress dû aux conflits liés au choix du lieu des festivités - surtout si on est une famille recomposée -, aux discussions avec les ados qui ne veulent plus suivre et aux inévitables rencontres désagréables lors des réceptions. Il suffit alors de quelques mots mal interprétés, d'opinions non partagées ou de remontrances, et c'est parti pour une bonne engueulade... qui risque de se répéter à quelques reprises au cours du mois si on n'y prend garde.
Le stress des Fêtes «Le stress des Fêtes rend les gens plus impatients, plus susceptibles et plus intolérants, signale Diane Borgia. Mais il y a un autre problème qui risque d'envenimer encore plus la situation: l'abus d'alcool, qui est si fréquent en cette période de l'année. Il suffit de quelques verres de trop pour que certaines personnes transforment une simple divergence d'opinions en un affrontement épique, ou encore pour qu'elles donnent à des problèmes banals des proportions explosives. D'autres individus peuvent devenir très violents, particulièrement avec leur copine ou leur conjointe. En plus, la majorité des gens sont en congé pour plusieurs jours, ce qui accroît les moments à passer ensemble... et les occasions de faire des gestes agressifs ou de vivre de la violence.» Régler des comptes Bizarrement, c'est aussi la période que plusieurs choisissent, inconsciemment, pour régler leurs comptes tant professionnels que familiaux. L'atmosphère du moment ferait remonter à la surface les souvenirs et, parfois aussi, les émotions que suscitent des blessures non cicatrisées. L'alcool aidant, certains exprimeront alors leurs rancunes et leurs frustrations par des paroles et des gestes violents.
Les bilans et résolutions Le temps des Fêtes, c'est aussi pour plusieurs l'époque des grands chambardements. « La fin de l'année est depuis longtemps associée à l'heure des bilans et des résolutions, rappelle le psychologue Marc Doucet. Le ralentissement des activités, entre Noël et le Jour de l'an, favorise la réflexion. On fait des mises au point qui contribuent à amorcer des changements dans plusieurs domaines de sa vie. C'est peut-être ce qui explique, en partie, l'éclatement de nombreux couples après les Fêtes.»
Pour un Noël et un jour de l'An réussis, consultez le site Joyeux temps des Fêtes de Mokasofa!
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