Notre situation financière est bien différente de celle des hommes... Nos salaires étant inférieurs à ceux de nos collègues masculins, notre pouvoir d'épargner est forcément moins grand. De plus, plusieurs parmi nous quittent leur emploi pour une période plus ou moins longue quand elles décident d'avoir des enfants. Elles interrompent alors leur habitude de mettre de l'argent de côté et de contribuer à leur REER. Et puis, on le sait, nous vivons plus longtemps que les hommes...
Toutes ces raisons devraient nous inciter à bien gérer notre situation financière ... ce qui n'est malheureusement pas le cas.
L'argent et les émotions «Le premier piège qui guette les femmes, c'est leur grand coeur», affirme Lison Chèvrefils, planificatrice financière de la firme Clarica et auteure de Mesdames, prenez vos affaires en main! publié aux Éditions Transcontinental. Plusieurs femmes n'osent pas parler d'argent avec leur conjoint. Elles préfèrent se taire et faire confiance, les yeux fermés, sans se protéger. Résultat ? Certaines se retrouvent complètement dépourvues quand leur mari meurt. Elles ignorent tout de ses placements et investissements. D'autres se font lessiver en cas de divorce ou de séparation, et plus durement parfois que si elles vivaient en union de fait.
De peur de déplaire, plusieurs femmes n'osent pas demander à leur conjoint de fait de signer devant notaire un contrat de vie commune, qui comporte la liste des biens de chacun, le mode de partage des dettes et dépenses, ainsi que les modalités concernant les enfants et la résidence familiale, et certaines ententes en cas de rupture ou de décès. «Or elles devraient. Comme elles devraient faire leur testament.» C'est le premier conseil financier que donne Lison Chèvrefils aux conjoints de fait, surtout lorsqu'ils forment une famille reconstituée. «On oublie que le Code civil ne reconnaît pas les conjoints de fait, ce qui peut causer de mauvaises surprises lors du décès du partenaire de vie», souligne-t-elle. Mieux vaut se protéger si l'on ne veut pas que l'ex de notre conjoint réclame alors nos meubles ou que ses enfants héritent de ce que l'on croit être notre maison...
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