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Cultiver l'amour de soi
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Par Betty Achard - Article extrait du magazine Madame
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La fierté est parfois perçue comme de l'orgueil. Mais il est des moments où l'on a eu raison d'être fier de soi et de s'aimer. En voici quelques-uns, empreints de la spontanéité de leurs auteurs.
Je n'aurai plus jamais peur Durant une trentaine d'années, j'ai souffert d'agoraphobie. Je vivais constamment dans la peur. J'avais souvent consulté des médecins qui n'arrivaient pas à cerner mon mal d'être. Lors d'un séjour à l'hôpital, on m'a proposé de rencontrer une psychologue. Celle-ci avait elle-même souffert de ce problème. Grâce à elle et avec elle, j'ai commencé à suivre une thérapie de groupe.
Petit à petit ma confiance est revenue et j'ai même réussi à recommencer à travailler. Puis, le 28 juillet 1998, je me suis sentie enfin libérée: j'ai assisté à l'ouverture du restaurant (JE CROIS) Planet Hollywood, où plus de 35 000 personnes s'étaient donné rendez-vous. Quand certaines anxiétés me reviennent, je me remémore ce moment pour retrouver la paix intérieure.
Cette année, je fêterai mes 10 ans de retour à la VIE. Éliane Gauthier
Un courage payant J'avais près de 10 ans et j'étais aux prises avec de sérieuses caries, côté molaires. En route vers le cabinet du dentiste, j'ai juré-craché: «Je n'ai pas peur et je ne pleurerai pas, peu importe ce qu'il me fera.» Eh bien, j'ai tenu parole. J'ai dû recevoir quatre ou cinq piqûres pour anesthésier mâchoires et gencives, puis le dentiste m'a arraché quatre dents... et hop, pas une larme, rien. «Un adulte ne résisterait pas, je m'arrête ici; on fera le reste la prochaine fois», a-t-il dit à mes parents. Très fière de moi, j'ai insisté pour aller tout de suite chercher ma récompense au K-Mart. Il paraît qu'avec le visage à moitié gelé, serviette tachée de sang à la main, joue enflée, l'air résolu, j'attirais de drôles de regards... Mais rien ni personne ne m'a empêchée de trouver mon beau bikini rose! Marie-Claude Rivet
Récompense bien méritée Comment parler de cette immense fierté qui m'a habitée à l'appel de mon nom lorsque, le 8 juin 1990, à l'occasion du premier gala d'excellence du sport étudiant, j'ai eu l'honneur de remporter le titre provincial d'animatrice d'un programme sportif en milieu secondaire? Ce fut indescriptible, d'autant plus que je recevais une lettre personnelle du ministre Blackburn. Rétrospectivement, cela a résonné en moi comme un immense merci de la part des nombreuses étudiantes rencontrées dans ma carrière de professeure, et aussi comme une assise dans ma nouvelle vie d'immigrante reçue. Michèle Alvernhe
Un lien indéfectible À l'hiver 2006, soit 32 ans après le décès de mon père, survenu alors que j'étais âgée d'à peine 8 ans, je faisais une démarche auprès du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke afin d'obtenir une copie du rapport de l'autopsie qu'il avait subie. Après des décennies de flou et d'occultation de la mémoire, lasse d'être maintenue dans l'ignorance et à distance par des proches incapables de faire leur deuil, j'ai pu lire noir sur blanc l'agonie de mon père, atteint de leucémie depuis plusieurs années. C'est, paradoxalement, en vivant pour la première fois la mort de mon père que j'ai enfin pu me rapprocher de lui, qui avait sans doute choisi, se sachant malade, de s'éloigner de moi, et qui avait cru préférable de taire son état de condamné. Je me sens maintenant liée à lui à jamais, sans interférence. Une relation père-fille tardive et singulière, mais néanmoins libératrice et salutaire. Constance Havard
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