Notre carrière plafonne? Nos amours manquent de piquant? Notre vie ne mène nulle part? On n'est pas obligée de regarder filer la vie en accumulant les frustrations. On est mûre pour un changement? On fait le saut!
Nicole a 44 ans. Son bilan est somme toute positif: un mari attentionné, deux beaux enfants, un travail satisfaisant, des amis fidèles. Malgré tout, elle n'est pas heureuse. «La perspective d'un avenir tout tracé, d'une vie toujours égale, jour après jour, me donne la nausée, avoue-t-elle. Mon quotidien manque de fantaisie. J'aurais envie de m'éclater, de partir au loin. Ça doit être ça, la fameuse crise de la quarantaine.»
Peut-être bien. À 40 ans , on sent effectivement le besoin de mettre un peu de folie dans son existence, de se donner un second souffle.
«La quarantaine est un moment propice pour faire le point et prendre un virage, affirme la psychologue Louise Descôteaux. D'abord, c'est le mitan. On sait ce qu'on veut et ce qu'on ne veut pas . Ensuite, le contexte s'y prête: les enfants sont désormais des ados ou des adultes, la carrière est établie, la routine s'est installée. On éprouve souvent un vide, une impression de faire du surplace. Il y a aussi les changements physiques qui provoquent une insécurité dans nos rapports avec les hommes et dans notre façon de séduire. Et puis, c'est l'âge où l'on vit généralement les premières pertes d'êtres chers, ce qui nous ramène à notre propre destin. Bref, c'est le temps où l'on a envie de repenser sa vie, de mettre ses affaires au clair et de procéder à des changements, s'il y a lieu.» «Au début de cette année, une amie que j'aimais beaucoup est morte accidentellement, raconte Marie-Josée. Ç'a été l'élément déclencheur. Je me suis dit: « O.k., je n'ai plus de temps à perdre. La vie est trop courte. Il faut que je fasse enfin des choses que j'aime.» J'ai passé les 20 dernières années à bâtir une famille, une maison, une carrière, sans jamais penser à moi. Je me suis alors demandé: Si c'était à refaire, que ferais-tu de ta vie? J'ai toujours voulu faire du théâtre. Alors, je me suis inscrite à des cours et je fais maintenant partie d'une troupe amateur. Ça me rend heureuse.» À l'instar de Marie-Josée, plusieurs personnes amorcent leur réflexion après un événement précis: un deuil, une insatisfaction au travail, une mise à pied, un divorce, une maladie ou simplement une période de fatigue intense. «Dans la quarantaine, on note une baisse, plus ou moins marquée, de l'énergie physique, rappelle Murielle Forest, psychologue. Filer à 120 à l'heure et s'oublier totalement pour les autres, ça ne marche plus. On remet en question notre façon de nous investir dans notre travail ou dans nos relations et, par le fait même, on revoit nos priorités.»
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