votre témoignage      en solo ou en couple      famille      société et travail

NOUVELLES

Tragédies dans les écoles: quand jeunesse rime avec détresse

Par Karine Delobel - Article exclusif à Madame.ca

Polytechnique. Dawson. Virginia Tech. Des noms qui cachent des tragédies. Des tragédies qui impliquent des jeunes. Ces dernières années, la une des journaux n'a cessé d'être endeuillée de victimes dont bon nombre n'avaient pas encore atteint leur 20e anniversaire. Peut-on identifier une ou plusieurs causes à ces drames?

Les cellules de crise
Marjorie Rabiau est docteur en psychologie clinique, spécialisée dans l'étude et l'analyse des enfants et des familles. En septembre 2006, lors des tragiques événements survenus au Collège Dawson, le docteur Rabiau a participé, à titre de bénévole, à la cellule de crise mise sur pied pour soutenir les élèves et leurs familles dans l'épreuve qu'ils venaient de traverser.

«La cellule de crise avait été mise en place à l'Université Concordia dès le jeudi, soit une journée après l'événement, à l'initiative de l'Association des étudiants de Concordia. J'étais sur place le vendredi soir et le samedi toute la journée. Nous rencontrions les élèves et leurs parents - individuellement ou ensemble - dans des salles mises expressément à notre disposition. Plusieurs adolescents sont venus avec leurs parents, dont beaucoup étaient très traumatisés, car ils avaient entendu parler de la fusillade, mais ils n'avaient pas de nouvelles de leurs enfants. Les intervenants, dont j'étais, passaient en moyenne une heure avec les personnes qui en faisaient la demande, mais il faut savoir que plusieurs d'entre eux consultent encore à ce jour, car une fois l'émotion passée survient ce que l'on appelle le choc post-traumatique, c'est-à-dire qu'il peut s'écouler un certain temps, voire plusieurs mois, avant que la personne ne prenne vraiment conscience de ce qui s'est passé. Étant donné qu'il ne s'agissait que d'une gestion de crise, chaque rencontre ne durait approximativement qu'une heure. En général, ce type de thérapie, appelée cognitivo-comportementale, nécessite entre 10 et 12 séances d'une heure chacune, durant lesquelles nous essayons de travailler sur la pensée et la perspective des gens; par exemple les gens très déprimés ont tendance à interpréter les choses de façon négative. Nous tentons donc de rétablir une façon de pensée plus réaliste et plus positive.»

Recrudescence de violence dans les écoles
Dans le cas de ce qui nous semble être une recrudescence de violence dans les écoles, le docteur Rabiau demeure prudente. «Je ne sais pas s'il y a plus de tragédies de ce type que ce qu'il y en avait avant, car il est clair que les agressions et la violence dans les écoles existent depuis longtemps, mais l'accessibilité des armes à feu joue certainement un rôle non négligeable.»

L'exclusion: un sentiment douloureux
Selon le docteur Rabiau, l'un des facteurs importants dans ce type d'événement est sans conteste l'exclusion. «Plus les adolescents sont isolés (peu d'amis, pas de connexion à la famille, etc.), plus le risque est grand de voir se développer un sentiment d'exclusion. Il faut donc faire preuve de prudence quand on parle de parents qui ne sont pas assez présents, car en psychologie, il n'y a jamais une seule cause, mais plutôt une compilation de facteurs qui influencent le comportement d'un individu. On véhicule beaucoup de mythes sur l'adolescence et ses périodes de tumulte intérieur. Pourtant, des recherches démontrent que tous les adolescents ne passent pas forcément par ces périodes, bien qu'il soit notoire qu'il existe des difficultés spécifiques au créneau des 13-19 ans», précise le docteur Rabiau.

Secret profesionnel
Outre l'enseignement qu'elle dispense, le docteur Rabiau exerce au Centre de médecine familiale Herzl de l'Hôpital général juif de Montréal, où elle y reçoit les adolescents et, dans certains cas, leurs parents. «La plupart des adolescents que je rencontre sont référés par les conseillers pédagogiques de leur établissement scolaire, précise-t-elle. Difficulté à suivre les cours, refus d'aller à l'école ou comportement renfermé peuvent être autant d'indices pour les spécialistes qui leur conseillent de consulter un psychologue. L'âge de consentement ayant été fixé à 14 ans, bon nombre d'adolescents viennent à l'insu de leurs parents, et je dois par conséquent user de toutes sortes de stratagèmes pour les joindre par téléphone, car le problème, avec les adolescents, c'est qu'ils ne viennent pas tout le temps aux rendez-vous... Certains, toutefois, sont suivis depuis plus d'un an et nous pouvons dire que nous avons globalement un bon taux de réussite.» Mais le docteur Rabiau doit aussi faire face à l'anxiété de certains parents qui, informés des séances de thérapie de leurs enfants, tentent d'obtenir un diagnostic. «Étant soumise au secret professionnel, je n'ai le droit de rien dire aux parents, même si je comprends parfaitement leur inquiétude et leur désir de venir en aide à leurs enfants. Les seuls cas où le secret professionnel peut être transgressé, sont ceux du risque de suicide, d'homicide et d'abus (sexuel ou physique), mais à ce jour, ça ne s'est jamais produit», précise le docteur.


1. Des adolescents exclus
2. Décoder les signes de détresse
Articles

Pour avoir moins peur

7 situations embarrassantes
autres
 autres articles
À lire aussi
Pour avoir moins peur
7 situations embarrassantes
Vieillir lorsque l'on est femme
Nouveau dans Votre vie
Le télétravail : une option à envisager
Vive les repas en famille!
Discipliner sans utiliser la fessée
Nouveau dans le site
Précieuses légumineuses
On s'évade dans les Keys
S'offrir une métamorphose, pourquoi pas?
Commentez ce blogue
Nos concours


En kiosque Février
Mois prochain

Tous droits réservés : © 2010 Médias Transcontinental inc.
Un site Transcontinental 3W
Mise à jour des contenus : MagazineMadame.ca
Optimisé pour Internet Explorer 5, 800x600