Que reste-t-il du temps où les hommes étaient aux petits soins avec les femmes? Quelle place fait-on aujourd'hui à la galanterie, ou même à la simple politesse? Aurait-on tout jeté par-dessus bord?
Un concept dépassé? Dépassée, la galanterie!, affirmait Chanel Boucher, participante à une joute oratoire de la société Parlotte de l'Université de Montréal sur l'anachronisme de la galanterie. Certains orateurs, dont Mme Boucher, reprochaient à cet «empressement inspiré par le désir de conquérir une femme» (Le petit Robert) d'entretenir les attitudes sexistes, de maintenir la femme à un niveau inférieur, de la rabaisser au rang de simple objet de convoitise. D'aucuns ont riposté que rien n'empêchait les femmes de faire à leur tour preuve à l'endroit des hommes de galanterie, qualifiée par les uns de forme supérieure de politesse, par les autres de plaisir de faire plaisir. La galanterie n'est pas morte, concluait le journaliste Mathieu-Robert Sauvé à l'issue du débat (Forum, 9 février 2004).
Pas morte certes, mais à redéfinir. Surtout chez les Montréalais qui se classent au 21e rang du palmarès de la courtoisie selon un sondage du magazine Reader's Digest publié en juin dernier! Loin derrière les New-Yorkais qui se distinguent par le soin qu'ils mettent à tenir les portes ouvertes. Si les commis de magasins zurichois et suédois se démarquent par leur gentillesse envers les clients qu'ils n'oublient jamais de remercier, si les Torontois affichent leur courtoisie, les Montréalais font piètre figure et démontrent un sens du chacun pour soi qui croît avec l'âge, paraît-il. Où sont donc passées nos bonnes manières? Chassées par l'égalité de sexes?
«Dans les années 1980, l'arrivée en nombre des femmes sur le marché du travail a perturbé les hommes qui se demandaient, et se demandent encore, comment agir avec des femmes qui ont souvent la répartie cinglante devant leurs galantes attentions», note Ginette Salvas, diplômée de la Washington School of Protocol et fondatrice de l'École internationale d'étiquette et de protocole. D'autant que plusieurs ne maîtrisent pas les règles de l'étiquette depuis que le ministère de l'Éducation a retiré les cours de bienséance - qui enseignaient politesse et bonnes manières - des écoles dans les années 1970.
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